



Entre champs ouverts et lisières de forêt, le regard apprend à cheminer.
La forêt s’y fait calme, silencieuse en apparence, et pourtant traversée d’une vie foisonnante.
Sous les frondaisons, la lumière perce parfois, dessinant des clairières où le temps semble suspendu.
Plus haut, les prairies s’étirent en alpages. Le paysage s’ouvre, l’air se fait plus vif, et peu à peu la terre devient minérale.
Là-haut, les éléments dictent leur loi. Vent, pluie, neige façonnent ces espaces bruts, rudes parfois, mais profondément vivants.
Ces milieux de montagne et de forêt ont bercé mon enfance.
C’est ici que sont nés mes premiers affûts, mes premières attentes silencieuses.
M’imprégner de ces lieux, y dormir en bivouac, accepter les conditions climatiques parfois difficiles, c’était apprendre à faire corps avec le paysage.
Bienvenue dans cette galerie. Elle raconte à la fois ces milieux et leurs habitants, mais aussi mes débuts, mes premières émotions.
Un retour aux sources, là où le regard s’est formé, entre cimes et sous-bois.


Renard roux - Vulpes vulpes

Lièvre d'Europe - Lepus europaeus

Renard roux - Vulpes vulpes

Chevreuil - Capreolus capreolus

Lièvre d'Europe - Lepus europaeus

Chevreuil - Capreolus capreolus

Chevreuil - Capreolus capreolus

Chevreuil - Capreolus capreolus

Lapin de garenne - Oryctolagus cuniculus

Lapin de garenne - Oryctolagus cuniculus

Lapin de garenne - Oryctolagus cuniculus

Lapin de garenne - Oryctolagus cuniculus
"Entre cimes et sous bois - Lisières vivantes"
Le sous-bois, les forêts profondes, sont des refuges silencieux où tant d’espèces trouvent abri.
Nos mammifères y tracent leurs chemins discrets, à l’ombre des troncs et des feuillages.
Mais il suffit de ralentir, au détour d’une lisière, d’une clairière ou d’un champ, pour voir le vivant apparaître autrement.
Là, dans cet espace ouvert entre ombre et lumière, surgissent des présences qui nous ressemblent.
Des silhouettes attentives, curieuses, qui viennent parfois s’offrir au soleil, se baigner dans la chaleur dorée d’un rayon.
Les lisières sont des mondes à part.
À la fois sombres et lumineuses, elles relient les cimes aux sous-bois, l’intime au vaste, le secret à l’évidence.
Elles vibrent d’une vie fragile et intense, d’un passage constant entre protection et ouverture.
Ce sont des frontières mouvantes, profondément vivantes, où la forêt respire et où le sauvage, un instant, se laisse entrevoir.

Lapin de garenne - Oryctolagus cuniculus



Cerf élaphe - Cervus elaphus

Cerf élaphe - Cervus elaphus

Cerf élaphe - Cervus elaphus
On le nomme souvent le roi de la forêt.
Celui dont la voix grave traverse les sous-bois et fait vibrer l’air aux premières brumes d’automne.
Pendant le brame, il devient le cœur battant de la forêt, l’écho puissant qui attire les regards et rassemble les silences.
Imposant, majestueux, toujours plus grand, toujours plus fort, du moins en apparence.
Car derrière la force, il y a la vigilance. Derrière la puissance, une sensibilité profonde. Comme chaque être vivant, il ressent, il écoute, il répond.
C’est peut-être là que réside la magie de ces rencontres : dans cette dualité entre puissance et fragilité, entre instinct et émotion.
Face à lui, on ne contemple pas seulement un symbole sauvage.
On rencontre un vivant, vibrant, sensible et dans ce regard échangé, quelque chose en nous reconnaît l’autre.


Cerf élaphe - Cervus elaphus

Renard roux - Vulpes vulpes

Chevreuil - Capreolus capreolus
Quand l’ombre gagne peu à peu du terrain, que la lumière décline et s’efface en silhouettes fantomatiques, la forêt change de souffle.
Les contours se floutent, les couleurs se taisent, et le jour glisse doucement vers le mystère.
Alors, d’autres présences s’éveillent.
Des ombres bien vivantes, furtives et souples, se déplacent en silence. Elles émergent à la lisière des forêts, là où la nuit rencontre encore un reste de clarté.
Dans cette heure suspendue, le monde devient murmure.
Le visible se mêle à l’invisible, et le sauvage s’avance, discret, dans la pénombre naissante.



Roitelet huppé - Regulus regulus

Pic vert - Picus viridis

Mésange huppée - Lophophanes cristatus

Bec-croisé des sapins - Loxia curvirostra

Mésange boréale - Poecile montanus

Chevreuil - Capreolus capreolus

Mésange noire - Periparus ater

Grimpereau des bois - Certhia familiaris

Cassenoix moucheté - Nucifraga caryocatactes

Grimpereau des jardins - Certhia brachydactyla

Grimpereau des jardins - Certhia brachydactyla

Mésange huppée - Lophophanes cristatus

Martre des pins - Martes martes

Roitelet huppé - Regulus regulus

Grive litorne - Turdus pilaris
"Entre cimes et sous-bois - Murmures de mousse"
Sous la lumière qui se fraye un passage entre les branches, la forêt révèle ses secrets.
Les troncs, chargés de textures et de vie, portent la mousse et le lichen comme des constellations végétales accrochées au silence.
Le sous-bois semble alors habité d’un souffle discret.
On croirait que la mousse murmure, que le sol respire doucement sous le velours vert.
Dans les moindres replis, une infinité de vies minuscules s’animent, invisibles au regard pressé mais vibrantes pour qui prend le temps.
La lumière, filtrée et tendre, caresse ces mondes intimes. Elle souligne les reliefs, réchauffe les teintes, révèle la poésie cachée dans chaque recoin.
Ici, tout est murmure.
Un dialogue subtil entre ombre et clarté, entre silence et frémissement. Le chant feutré du sous-bois, porté par la douceur du vivant.



Écureuil roux - Sciurus vulgaris

Cerf élaphe - Cervus elaphus

Mésange noire - Periparus ater

Cerf élaphe - Cervus elaphus

Écureuil roux - Sciurus vulgaris
"Entre cimes et sous-bois – Souffle d’automne"
Quand le souffle de l’automne traverse la forêt, l’air devient plus frais, plus clair, comme une promesse murmurée de l’hiver à venir.
Les décors se transforment doucement, et le monde s’embrase de teintes orangées et rouges, comme si la nature offrait son dernier grand éclat avant le silence.
La lumière se fait plus basse, plus tendre.
Les feuilles deviennent flammes, les sous-bois se parent d’ambre et de cuivre. Chaque pas résonne différemment, chaque souffle semble plus profond.
C’est une saison où la vie ralentit sans s’éteindre, où le rythme change, plus intérieur, plus feutré.
Une autre magie s’installe. Celle des couleurs chaudes, du passage, de la transition.
Dans ce Souffle d’automne, la forêt respire autrement, et nous invite à faire de même.



Marmotte des Alpes - Marmota marmota

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Faucon crécerelle - Falco tinnunculus

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Accenteur alpin - Prunella collaris

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Marmotte des Alpes - Marmota marmota

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex
"Entre cimes et sous-bois – Jardins d’altitude"
Là-haut, la végétation herbeuse tapisse encore les reliefs comme un jardin suspendu.
Les alpages s’ouvrent en mosaïques de verts et de fleurs discrètes, bercées par le vent et la lumière pure des hauteurs.
Dans ces jardins d’altitude, la vie foisonne.
Des êtres minuscules se glissent entre les tiges, invisibles au premier regard. D’autres, plus grands, arpentent les pentes avec assurance.
Chacun trouve sa place, chacun compose avec l’espace, le climat, la saison.



Rougequeue noir - Phoenicurus ochruros

Traquet motteux - Oenanthe oenanthe

Traquet motteux - Oenanthe oenanthe (juv.)

Pipit spioncelle - Anthus spinoletta

Belette - Mustela nivalis

Pipit spioncelle - Anthus spinoletta

Pipit spioncelle - Anthus spinoletta

Marmotte des Alpes - Marmota marmota

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Accenteur alpin - Prunella collaris

Vautour fauve - Gyps fulvus

Pipit spioncelle - Anthus spinoletta
"Entre cimes et sous-bois – Veilleurs de pierre"
Plus l’altitude se gagne, plus le minéral s’impose. Les arbres se raréfient, la terre se fait pierre, et le paysage s’ouvre, vaste et exposé.
Là-haut, les roches deviennent repères, refuges, promontoires.
Seuls perchoirs dans l’immensité, elles offrent à certains une tribune pour surveiller l’horizon, à d’autres une cache discrète entre les failles et les ombres.
Se montrer ou disparaître : chacun choisit sa stratégie, sa manière d’habiter ce monde de vent et de lumière.
Dans ces milieux dépouillés, battus par les aléas du climat, le vivant s’adapte avec ingéniosité.
Il compose avec la rudesse, épouse les reliefs, trouve chaleur sur la pierre chauffée au soleil ou protection dans ses creux.
Ainsi naissent les veilleurs de pierre.
Silhouettes attentives, ancrées dans le minéral, témoins d’un équilibre fragile entre force brute et vie discrète.



Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex
"Entre cimes et sous-bois – Lueurs de pierre"
Là-haut, le minéral semble ne faire plus qu’un.
La roche domine, et le végétal se fait rare, à l’exception de quelques fleurs précieuses qui s’accrochent aux failles.
Au couchant, la montagne s’embrase.
Les parois se teintent d’ocre et d’or, les reliefs captent la lumière et la renvoient en éclats ardents. La pierre devient flamme, la roche devient lumière.
Dans ces lueurs de pierre, les bouquetins avancent avec calme, silhouettes puissantes et paisibles, comme façonnées par le même minéral.
Un instant où la montagne brûle doucement sous le souffle du soir.



Accenteur alpin - Prunella collaris

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Pluvier guignard - Eudromias morinellus

Bouquetin des Alpes - Capra ibex
"Entre cimes et sous-bois – Ombres de pierre"
Sous le gris du ciel, lorsque le soleil s’est retiré et que l’heure bleue enveloppe la montagne, la roche change de visage.
Les couleurs s’effacent, ne restent que les nuances froides, les lignes austères, le souffle discret du vent.
L’atmosphère devient plus hivernale, plus minérale encore.
La lumière ne brûle plus, elle effleure. Elle glisse sur les parois et laisse place aux ombres longues et profondes.
Quelques fantômes arpentent les roches, indifférents au temps, présents à toute heure, en toute saison.
Ils se fondent dans la pierre, surgissent d’une arête, disparaissent dans une faille.
Dans ces ombres de pierre, la montagne se fait silence.
Un monde froid, épuré, où la magie naît de la sobriété et de la force tranquille du sauvage.



Gypaète barbu - Gypaetus barbatus

Vautour moine - Aegypius monachus

Grand Corbeau - Corvus corax

Gypaète barbu - Gypaetus barbatus

Vautour moine - Aegypius monachus

Grand Corbeau - Corvus corax
Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Grand Corbeau - Corvus corax

Vautour fauve - Gyps fulvus

Faucon crécerelle - Falco tinnunculus
"Entre cimes et sous-bois – Ascendances"
L’ascendance, cet air chaud invisible dont ces planeurs des cimes ont tant besoin.
Un souffle qui s’élève de la terre et les porte, presque sans effort, vers les hauteurs.
Observer ces êtres longtemps mal aimés, autrefois persécutés, et pourtant essentiels à l’équilibre du cycle écologique, est toujours une leçon d’humilité.
Dans leur vol ample et circulaire, il n’y a ni brutalité ni hâte. Seulement la maîtrise du vent et la confiance dans l’air.
Chaque année, sous toutes les ambiances, à travers les saisons changeantes, je rejoins les promontoires.
J’y veille, parfois j’y dors, suspendu moi aussi entre ciel et roche.
Et à chaque fois, l’émerveillement revient intact face à ces vols sans battement, ces silhouettes portées par l’ascendance, libres dans le souffle du monde.



Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus

Vautour fauve - Gyps fulvus
"Entre cimes et sous-bois – Ailes sous l’averse"
Rien n’arrête la vie.
Même sous la pluie, elle persiste, elle avance, elle respire.
L’eau, origine de toute chose, vient laver le ciel et la roche, alourdir les plumes sans jamais freiner l’élan.
Les ailes sous l’averse en sont la preuve : dans chaque goutte, il y a une mémoire ancienne, un lien profond entre la vie et l’eau. Tout ne fait qu’un.
Sortir quand il pleut, c’est entrer dans une autre lumière, plus dense, plus intime. Les paysages se taisent, les couleurs se saturent, le monde ralentit.
À ma manière, je vis ces rêves sous l’eau, témoin de ces silhouettes qui traversent l’averse comme on traverse le temps.



Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Vautour fauve - Gyps fulvus

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Vautour fauve - Gyps fulvus

Bouquetin des Alpes - Capra ibex

Vautour fauve - Gyps fulvus

Bouquetin des Alpes - Capra ibex
"Entre cimes et sous-bois – Souffle blanc"
L’hiver arrive avec son souffle blanc, déposant sur le monde un silence nouveau.
Les couleurs s’effacent, les reliefs se fondent, et la montagne devient page immaculée. Tout semble suspendu.
La nature ralentit, s’apaise, respire plus profondément.
Pourtant, la vie demeure, plus discrète, plus secrète. Elle adopte un autre tempo : moins de mouvement, plus d’attente. Économiser ses forces, s’abriter, patienter.
Alors il faut se mettre à l’unisson. Ralentir soi aussi. Faire corps avec ce souffle blanc, accepter le silence, apprendre l’immobilité.
Et lorsque la neige recouvre tout, elle n’efface rien : elle prépare.
Comme une page blanche, offerte entre cimes et sous-bois, prête à accueillir les traces et les histoires à venir.



